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 PLAN 

Quartier : Bord de mer
Lieux mentionnés : Jetée. Mer.


<i>Entrée des jetées du Havre par gros temps</i>, 1895, huile sur toile, 60x73,5 <i>Entrée des jetées du Havre par gros temps</i>, 1895, huile sur toile, 60x73,5

©Florian Kleinefenn, MuMa

La jetée, 2013 La jetée, 2013

©DL

LA JETÉE DANS PIERRE ET JEAN
DE GUY DE MAUPASSANT

THE PIER IN GUY DE MAUPASSANT’S
PIERRE AND JEAN

Guy de Maupassant (1850-1893) a situé au Havre l’intrigue du roman Pierre et Jean. À l’occasion d’une partie de pêche sur La Perle, le père Roland et ses deux fils, Pierre et Jean, contemplent l’arrivée vers la jetée du paquebot le Prince-Albert.

The plot of the novel Pierre and Jean, by Guy de Maupassant (1850-1893), is set in Le Havre. During a fishing trip on La Perle, Roland, the father, and his two sons, Pierre and Jean, gaze at the arrival of the Prince-Albert ship towards the pier.

« Quand il fut tout près de la Perle, le père Roland leva son chapeau, les deux femmes agitèrent leurs mouchoirs, et une demi-douzaine d’ombrelles répondirent à ces saluts en se balançant vivement sur le paquebot qui s’éloigna, laissant derrière lui, sur la surface paisible et luisante de la mer, quelques lentes ondulations.
Et on voyait d’autres navires, coiffés aussi de fumée, accourant de tous les points de l’horizon vers la jetée courte et blanche qui les avalait comme une bouche, l’un après l’autre. Et les barques de pêche et les grands voiliers aux mâtures légères glissant sur le ciel, traînés par d’imperceptibles remorqueurs, arrivaient tous, vite ou lentement, vers cet ogre dévorant, qui, de temps en temps, semblait repu, et rejetait vers la pleine mer une autre flotte de paquebots, de bricks, de goélettes, de trois-mâts chargés de ramures emmêlées. »

Guy de MAUPASSANT, Pierre et Jean, Ollendorf, 1889. Citation extraite du volume Folio, p. 71.

Écoutez l'extrait

Lecture Jean-Pierre Guiner; prise de son Dan Hérouard

Guy de Maupassant

© Nadar / RMN / BNF

XVIe-XVIIIe XIXe XXe < 1944 XXe > 1944 XXIe
Lire le roman en ligne
Genre : Roman



En savoir plus

Jetée Digue Jetée Digue

©L.Lachevre, VduH

Digue Nord Soleil couchant Digue Nord Soleil couchant

©PhBreard, VduH

 <i>La jetée du Havre par mauvais temps</i>, 1870.  <i>La jetée du Havre par mauvais temps</i>, 1870.

©Collection privée

<i>Le Saint-Laurent</i> quittant Le Havre, photographie <i>Le Saint-Laurent</i> quittant Le Havre, photographie

©Archives Municipales

Letrouvé & Lalouette, <i>La Lorraine</i> quittant le port, carte postale Letrouvé & Lalouette, <i>La Lorraine</i> quittant le port, carte postale

©Archives Municipales

> Les représentations de la jetée
     Descriptions of the pier

L’actuelle jetée fut construite en 1905. Auparavant, c’est sur la digue nord que les promeneurs déambulaient, pour contempler les allers et venues des bateaux. Elle constitua un décor privilégié pour les peintres impressionnistes.

Cette jetée du Havre fait l’objet d’un récit anecdotique dans le premier texte sur la ville, écrit entre 1587 et 1594, dans les Mémoires de Guillaume de MARCEILLES. Le roi Henry II et la cour s’y font mouiller en regardant aborder un navire. Le même récit est repris en 1711 par Jean LAIGNEL, dans Antiquitez du Havre de Grâce.

La jetée est évoquée par Gérard de NERVAL, dans un article paru dans la revue L’Artiste en 1846, qui relate son embarquement pour l’Angleterre. Elle occupe une place importante dans l’intrigue de Pierre et Jean (1888) de Guy de Maupassant. Elle est évoquée par Hector MALOT dans Romain Kalbris (1869).

La promenade du dimanche sur la « Jetée-Promenade » donne lieu à un long passage dans La Nausée de Jean-Paul SARTRE.

The current pier was built in 1905. Before that, strollers used to walk on the northern dyke, a little further south on the promenade, to watch the boats at sea. It was one of impressionist painters’ favourite landscapes.

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<i>Hâvre vue de la tour et de l’entrée du port</i>, 1825, Gravure couleur, Thales FIELDING, extrait de <i>Voyage pittoresque dans les ports</i> <i>Hâvre vue de la tour et de l’entrée du port</i>, 1825, Gravure couleur, Thales FIELDING, extrait de <i>Voyage pittoresque dans les ports</i> ©Bibliothèque Armand Salacrou
Port industriel Port industriel ©PhBreard, VduH
Affiche <i>Disco</i>, 2008 Affiche <i>Disco</i>, 2008 ©Studio Canal
Le port du Havre vu du Bastion du Roy de la Citadelle, 1776, Ozanne Leizelt Le port du Havre vu du Bastion du Roy de la Citadelle, 1776, Ozanne Leizelt ©Archives Municipales du Havre
 <i>Port du Havre</i>, 1874, Huile sur toile Philadelphia Museum of Art  <i>Port du Havre</i>, 1874, Huile sur toile Philadelphia Museum of Art © MuMa
<a href='spip.php?page=biographie&id_article=395'>Marcel CARNÉ</a>,  <i>Quai des brumes</i> <a href='spip.php?page=biographie&id_article=395'>Marcel CARNÉ</a>,  <i>Quai des brumes</i> ©Marcel Carné, Jacques Prévert, Studio Canal
<a href='spip.php?page=biographie&id_article=395'>Marcel CARNÉ</a>, <i>Quai des brumes</i> <a href='spip.php?page=biographie&id_article=395'>Marcel CARNÉ</a>, <i>Quai des brumes</i> ©Marcel Carné, Jacques Prévert, Studio Canal
<i>Sortie du port du Havre</i>, huile sur toile, vers 1879 <i>Sortie du port du Havre</i>, huile sur toile, vers 1879 ©Musées historiques du Havre

> À l’horizon, le port
     Another place on the skyline

Les visions du port traversant la littérature sont multiples. Le port est évoqué comme un lieu d’arrivée dans les Mémoires d’outre-Tombe de François-René de Chateaubriand (1768-1848), après le voyage du personnage narrateur en Amérique.

Il est aussi un lieu de départ. Il peut s’agir d’un départ « rêvé » et le port se trouve associé à des images exotiques, comme c’est le cas dans la nouvelle « Boitelle » de Guy de Maupassant (1850-1893). Le port abrite également des départs douloureux (exil, fuite, rupture), comme dans l’épisode de L’histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut par l’abbé Prévost (1697-1763), ou au XXe dans le passage des Thibault de Roger Martin du Gard (1881-1958), qui évoque la séparation de deux personnages.

Dans une lettre à un ami de 1864, rédigée depuis la Belgique, Charles Baudelaire (1821-1867) mentionne ses souvenirs du port du Havre, qu'il associe à la noirceur et aux Amériques.

Les trajets en bateau se font également le long de la Seine, comme l'évoque Victor Hugo (1802-1885) dans une lettre à son épouse en 1837, alors qu'il séjourne au Havre.

Les bateaux du port ont été abondamment peints, d’abord pendant l’époque romantique, puis par les impressionnistes, notamment Camille PISSARRO (1830-1903) et Claude MONET (1840-1926).

Parmi les grands peintres du XXe siècle ayant représenté tout ou partie du port, on retiendra André DERAIN (1880-1954) et Nicolas de STAËL (1914-1955).


La dimension industrielle du port apparaît dans de nombreux films, à commencer par Quai des brumes que Marcel CARNÉ réalise en 1938. Le port est un élément de décor, entre autres, dans Disco de Fabien ONTENIENTE (2008) et 38 témoins de Lucas BELVAUX (2012).

The port appears in literature in multiple ways. It is described as a point of arrival in Mémoires d’Outre-Tombe (Memoirs from Beyond the Grave) by Chateaubriand (1768-1848), after the journey of the narrator and character in America.

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