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Sous-Off

« Jusqu’à onze heures, les sous-officiers s’entraînèrent, consentirent à dépenser la menue monnaie de leurs facéties dans la salle d’attente des brasseries ; mais, à onze heures, leurs concupiscences attisées réclamèrent impérieusement le dégorgeoir où la caserne et le port vont se dégluer.
Étroite et, jusqu’au Vieux Marché, possédée toute par les léproseries vénériennes, la rue d’Albanie, ce soir de 14 juillet, condescendait au vœu national en autorisant ses pensionnaires, toujours chambrés, à s’ébattre dans le préau ; comme la pluie, certains jours, chasse enfin des chéneaux qu’elles habitent les ordures accumulées. Le ruisseau les charriait ; elles débordaient le trottoir et couvraient la chaussée ; les portes numérotées vomissaient la prostitution. »

Lucien DESCAVES, Sous-Off, Paris, 1889. Citation extraite de l’édition La Part commune, 2009, p. 242.